Kampot - mariepierreterrettaz

1er jour

Lundi matin...dernière semaine...nous profitons encore de la matinée sur Koh Rong Samloem. Le ferry est à 12h30 (nous avions confirmé la veille), 45 min. plus tard, notre chauffeur de taxi était bien là à nous attendre "at the Pier". 2 bonnes heures de route seront nécessaires pour atteindre le CHAMPA LODGE. Situé à 15 min. au nord de Kampot, au bord de la rivière, le dernier km d'accès sur une petite route en terre ne nous rassure pas....où va-t-on "atterrir" ?

Une maison traditionnelle, monter l'escalier et découvrir une terrasse avec vue sur le fleuve (pour nos amis la campagne), une grande chambre avec du charme++, une moustiquaire, deux ventilateurs, nos pieds nus sur le plancher en bois, des volets bleus fermant des fenêtres sans vitres qui laissent passer l'air la nuit....notre cabane en bois va être parfaite !


Jour 2

Nous faisons la connaissance de notre guide pour ces 3 jours: . Il nous emmène à Kampot pour un petit tour des dernières maisons coloniales qui font le charme de la ville.

Nous passons le début de la matinée à visiter les salines d'Où Sarkar. Réunis en coopérative, les paludiers produisent encore le sel comme autrefois. L'eau salée est retenue dans des bassins rectangulaires et s'évapore grâce à l'action combinée du soleil et de la brise. Préparer les bassins, les canalisations, la récolte et le transport, tout se fait encore à la main (ou presque).

Février est un mois de récolte. Malheureusement, les pluies inhabituelles de janvier ont "lavé" tout le fruit de leur labeur des mois précédents : les champs sont vides.... La réalité de ce que cela implique (pas de récolte, les greniers à sel sont aux 3/4 vides alors qu'ils devraient déborder) efface très vite notre déception de ne pas avoir vu la récolte du sel.

Après les paludiers : les pêcheurs (enfin....c'était ce qui était prévu).

A la place, nous avons contribué à sauver la planète ;-) en plantant un palétuvier moyennant 1$ via une association locale, mini-croisière en bateau incluse. Touristes pigeonnés, nous avons fait "contre mauvaise fortune bon coeur".

Plongeant leurs racines noueuses et tortueuses dans les vases littorales, les palétuviers parviennent à croître entre terre et mer, là où la plupart des plantes ne pourraient survivre. Une multitude de poissons, de crabes, de crevettes et de mollusques viennent se réfugier ou se reproduire à l’abri de cette végétation, alors que des centaines d’espèces d’oiseaux y nichent ou y font escale lors de leur longue migration. Les mangroves sont aussi la demeure de bien d’autres animaux, dont les singes, les lézards, les tortues de mer ainsi que d’une profusion d’insectes.


Jour 3

Ayant manifesté la veille notre intérêt pour le marché LOCAL et non celui destiné aux touristes, Lé nous y conduit et nous voici immergés dans le bruit, les couleurs et les odeurs.

Rien de tel qu'une petite marche dans la campagne pour nous remettre de nos émotions.


Kampot étant mondialement connu pour la qualité de son poivre, Nous visitons ensuite une exploitation écologique et biologique : la Sothy's farm. Visite en français très intéressante. A l'époque glorieuse des plantations (avant les Khmers rouges qui ont tout rasé pour des rizières), la production était de 8'000 tonnes/an. Petit-à-petit, l'ancien savoir-faire est réhabilité. Le poivrier met 4 ans pour donner des fruits, il peut vivre entre 50 et 100 ans. Les plants sont recouverts de roseaux à une hauteur de 2 m environ (il stoppe sa croissance au soleil).

- le poivre vert est le poivre frais, à la première étape de sa maturation

- le poivre noir est du poivre vert séché

- le poivre rouge est du poivre frais mûr

- le poivre blanc est du poivre rouge  dont on a enlevé la pellicule et séché.

Dernière étape de la journée pour également une visite incontournable du sud Cambodge : le marché aux crabes de Kep. Nous testons le crabe au poivre vert : un délice mais un peu compliqué à manger !



Jour 4

Nous quittons ce havre de paix qu'est le CHAMPA LODGE pour "monter" à Phnom Penh.

200 km et 3 visites prévues en court de route, çà va être long mais nous ne le savons pas encore.....

Nous nous réjouissons de visiter un atelier de tissage de Krama (foulard traditionnel khmer en coton à petits carreaux) : GROSSE déception, nous traversons la province de Takeo où traditionnellement toutes les familles possèdent un métier à tisser et se transmettent leur savoir-faire de génération en génération. En tout et pour tout, nous allons voir 1 seul métier à tisser la soie en activité (par un homme qui aide sa femme, partie travailler dans une usine de tissage "semi-automatique"....).

Il fait chaud et pour la 2ème visite nous allons grimper au Phnom (colline) Chisor. Un peu échaudé par la précédente visite, nous sommes un peu grincheux mais y montons quand même. La vue sur la campagne khmer en vaudra la peine.

Nous atteignons enfin Phnom Penh. Notre dernière halte aura lieu au champ de massacre de Cheuong Ek.  La visite se fera en silence et va s'avérer bouleversante. Vous ne verrez d'ailleurs pas de photo, je n'en ai pas fait.....c'est tout dire. (voir plus bas pour des infos détaillées)



UN PEU D'HISTOIRE :

Les Killing Fields sont des charniers où les « ennemis de l’Angkar » étaient exécutés à la chaîne. Véritables usines à tuer, ces camps d’extermination étaient régulièrement réapprovisionnés par de nouvelles fournées de victimes apportées par camion. 380 sites d’extermination ont été répertoriés dans le pays. Près de 20 000 fosses communes ont été retrouvées à ce jour. 17 000 personnes furent massacrées à Choeung Ek, charnier situé à 15 kilomètres au sud-ouest de Phnom Penh, ycompris des femmes et des enfants. La plupart des victimes étaient des prisonniers de la prison de Tuol Sleng S-21, liquidés après avoir été torturés pendant d’interminables interrogatoires. Ce sont les gardiens eux-mêmes qui étaient chargés de la « destruction » pendant la nuit. Ils devaient l’accomplir à coups de pioche, bambou, sabre… afin d’économiser les balles. Ciblant d’abord les opposants du régime, les riches, les intellectuels, les étrangers... la machine de mort khmère rouge se tourna vite vers d’autres membres de la société. Il ne fallait pas grand-chose pour être considéré comme un ennemi. Selon l’Angkar, « Il vaut mieux tuer un innocent que de garder en vie un ennemi ». Le nombre de personnes à éliminer ne cessera d’augmenter. A partir de mai 78, une grosse partie de la population de la zone Est, y compris des soldats KR, y furent aussi envoyés. Après la chute du régime, 86 fosses communes (sur 129) y furent découvertes et 8985 corps retrouvés. Un stupa (temple en forme de tour) y a été construit pour préserver leurs restes et aussi commémorer les victimes du régime de Pol Pot. Il est rempli de milliers de crânes.

Trente ans après la chute du régime khmer rouge, le Cambodge n’a pas encore pansé toutes ses plaies.  Aujourd’hui, un travail de mémoire, d’éducation et de justice semble  avoir lieu afin que le Cambodge puisse affronter son passé et bâtir son avenir.... Une phrase de notre guide concernant les bourreaux : ce n'était pas de leur faute, ils n'avaient pas le choix...TERRIBLE !


source : http://www.apres-genocide-cambodge.com